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Livres publiés | |||
vient de paraître aux éditions de L'Harmattan![]() |
Je pars de ce qui n'est pas connu : l'inconscient, celui auquel j'ai accès dans mes rêves, celui qui façonne le transfert des cures. Ensuite je fais le lien avec quelques grandes œuvres de la peinture, histoire que chacun s'y retrouve un peu, pour montrer que l'inconscient n'est pas si individuel et intime qu'on pourrait le croire. Comme je n'y connais rien en peinture, il n'est pas nécessaire d'avoir fait histoire de l'art pour piger. Il se trouve aussi que, prenant le contre-pied d’une mode où le psychanalyste se doit de se montrer sachant, encyclopédiste su possible, j’en profite pour faire une démonstration des dangers du savoir, notamment à travers une lecture de l’histoire d’Œdipe. Enfin, spécialement pour ceux qui ont quelque mal à lire Lacan, je donne quelques clefs pour comprendre la mathématique que Lacan a inclue dans La lettre volée, car dans les Ecrits, Lacan donne ses résultats sans donner son mode de démonstration. Je le fais parce que ça sert mon propos, et que, depuis les années que je me casse le tronc sur cette partie des Ecrits, je me dis que j'aurais aimé disposer de telles clefs, que je n'ai trouvées nulle part. |
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| mon ouvrage précédent (2 septembre 2008) est aux éditions Le Manuscrit : Le rêve de l'analyste on peut le commander sous forme électronique ou papier à: http://www.manuscrit.com Christian Fierens a lu mon dernier
livre et a eu la gentillesse d'écrire l'article ci-joint.
Christian Fierens exerce la psychanalyse à Tervuren
près de Bruxelles et est membre du Questionnement psychanalytique;
enseigne au Centre d'Etudes sur la psychanalyse de l'Université Libre de Bruxelles. LOGIQUE
DE L'INCONSCIENT
Lacan ou la raison d'une clinique Editions l'HARMATTAN "COMMENT PENSER LA FOLIE ? ESSAI POUR UNE METHODE".
Editions érès.
ET DE "RELANCE DU PHALLUS" qui vient de sortir chez Erés
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Une nuit, Richard Abibon rêve qu’un de ses analysants lui lance des pierres. Au réveil, il comprend que, malgré toute la sympathie consciente qu’il lui inspire, il nourrit une certaine agressivité inconsciente à son égard. Il était urgent de s’en rendre compte, non pas dans l’espoir de rectifier le tir (sic !) par un acte conscient de volonté, mais simplement parce que tout ce qui se met en paroles contribue à modifier les modes relationnels. Au début de sa carrière, Richard Abibon avait ainsi été surpris par de nombreux rêves personnels concernant ses analysants. On a pu lire des récits de praticiens rapportant des rêves des analysants à propos de l’analyste, mais jamais l’inverse. Sauf…chez Freud, mais la communauté analytique ne semble pas y avoir porté attention. Lacan a pourtant été radical à ce sujet : « il n’est de résistance que de l’analyste » a-t-il scandé tout au long de son enseignement, allant jusqu’à dire : « il n’est de transfert que de l’analyste ». Le problème est que, s’il a su en parler savamment, il n’a jamais soufflé mot de la façon dont il articulait cela dans sa pratique. D’où, de considérables malentendus quant à la compréhension de son œuvre. Un rêve témoigne de cette résistance et de ce transfert, qu’il se produise chez l’analysant ou chez l’analyste. Mais c’est là qu’il faut se souvenir de la définition que Freud donne de la psychanalyse : « La technique que j’exposerai dans les pages qui suivent (L’interprétation des rêves) diffère de celle des Anciens par ce fait essentiel qu’elle charge du travail d’interprétation le rêveur lui-même. Elle tient compte de ce que tel élément du rêve suggère non pas à l’interprète, mais au rêveur. » (L’interprétation des rêves, PUF p. 92) La théorie analytique à beaucoup plus à gagner en se nourrissant de l’inconscient que des textes des philosophes et des mathématiciens, sans pour cela qu’il soit nécessaire de négliger ces derniers. Et, l’inconscient, l’analyste ne peut guère l’attraper que par le bout dont il peut parler, ce bout qui lui est ouvert par la voie royale de sa découverte par Freud, ses propres rêves. A travers ses rêves, Richard Abibon analyse sa relation inconsciente à quelques uns de ses analysants, se faisant pour l’occasion l’analysant de sa pratique d’analyste. Si cette voie n’a pas beaucoup été explorée, elle a cependant été ouverte par le père de la psychanalyse. Un chapitre de ce livre est consacré à l’analyse que fit Freud de deux rêves mettant en scène ses analysants. |
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Richard Abibon
De l' "autisme" Topologie du transfert dans l'exercice de la psychanalsye EFEditions 6 rue Fizeau 75015 Paris Tome 1 254 pages broché 18€ Tome 2 414 pages broché 28 € EFEditions@wanadoo.fr
L'introduction de ce livre est à lire dans ma rubrique Cinéma à "Cube" L'introduction à la deuxième édition ainsi qu'un commentaire du livre suivent, ci-dessous. commandes : Richard Abibon
60 rue Emeriau 75015 Paris 01 45 75 15 22 / 06 84 75 94 06 http://perso.orange.fr/topologie/ abibonrichard@wanadoo.fr |
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Richard Abibon sous le pseudonyme de
Léon Parkeur La bouteille à l'ancre Roman 192 pages broché 18€ EFEditions 6 rue Fizeau 75015 Paris
EFEditions@wanadoo.fr Dans
le jardin des Tuileries à Paris, Michel Angelo Durazzo est
resté en arrêt devant cette statue en cours de
restauration. la lumère du soir n'appartient qu'à son
oeil d'artiste, pourtant il a nommé son cliché "Hommage
à Christo".
Son image pose deux énigmes de la transmission. Citation ou plagiat? quel objet se cache derrière l'emballage? Qui emballe quoi? Un porte avion, des dauphins, un artiste égyptien, un fonctionnaire de l'ambassade de Tripoli, planches à voile et pelle à gâteaux! Comment un message jeté dans une bouteille à la mer trouve-t-il son destinataire? l'objet peut-il appartenir sans se dévoiler? Quel secret les personnages trouvent-ils après les tribulations de leurs lettres, adressées à la même femme aimée? De fil en aiguille, ce récit nous emmène d'une question à l'autre, dans une gaité légère. on rit, et ce rire vaut pour une transmission de la dimension inconsciente. |
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De "l'Autisme"
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S’il y a un autisme, c’est l’objet aComme on le sait, c’est Bleuler qui a forgé le mot « autisme », en châtrant de son Eros l'autoérotisme de Freud. L’autisme, si autisme il y a, je le situerais au cœur de ce qui nous concerne tous : dans la désorientation de cette rondelle orientable, mais inorientée qu’est l’objet a, l’objet cause du désir. Dans le schéma optique de Lacan, c’est le phallus qui vient à cette place vide où, dans le miroir, l’objet a ne trouve pas son reflet. Il y a donc une relation de trou à bord entre cet objet qui oriente par son absence et ce qui s’en manifeste comme orientation phallique. C’est la topologie qui nous permet en effet de sortir des étiquetages, en nous proposant des écritures qui, se posant sur un discours, en décapent l’aspect ségrégationniste, tout en engendrant un nouveau discours à partir de la confrontation. Quoique : j’ai quitté une certaine Ecole où la topologie était aussi tombée dans l’aide au diagnostic : moebien = névrose, non-moebien = psychose. La psychiatrie revient toujours au galop. Bref, c’est de cette confrontation du discours au dessin et à l’écriture qu’a pu se dégager une autre parole… d’abord en travaillant cette question : quelle différence, quelle similitude, quels rapports entre dessin, écriture, discours, langage et parole ? Comment s’orienter dans la jungle des opinions, des notions, des concepts ? Voilà qui nous ramène à la désorientation fondamentale dont souffre celui qu’on dit autiste, et voilà en quoi il est un être de langage, semblable à nous tous dans cette recherche d’orientation. |
L’orientable et l’orientéAlors apparaît une distinction fondamentale, qu’on ne trouve pas dans les séminaires de Lacan, ni dans les Ecrits, ni dans les livres de Vappereau : l’orientable, ce n’est pas forcément orienté. C’est une remarque que j’avais faite à Jean-Michel Vappereau à propos de « Etoffe », il y a plusieurs années déjà, au moment où j’avais pris connaissance de son ouvrage. L’inorientable, comme la bande de Mœbius, il est clair que ça ne peut pas s’orienter, sauf moyennant une coupure. Mais cette coupure à elle seule, si elle suffit à produire un bilatère, elle ne permet pas immédiatement de s’orienter ; il faut encore écrire sur ce bilatère pour être capable de dire : ceci est un bilatère, car par mon écrit, j’ai pu m’orienter en me rendant compte que, écrivant sur une face, je n’ai pas écrit sur l’autre face. Ici ce dessine une position subjective fondamentale pour notre propos d’analyste. Car si je dis que le bilatère est un bilatère sans avoir fait moi-même ce geste, ce parcours et cet écrit, je me tiens simplement dans le discours universitaire, dans une position de savoir : j’ai appris, en lisant les livres, que la coupure d’une bande de Mœbius produit un bilatère. |
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La pulsionAinsi le premier chapitre du tome 1 s’intitule-t-il « Pour une théorie de l’acoupure ». L’acoupure, concept fondamental, écrit ce qu’il en est d’une coupure qui échoue à produire un bilatère orienté. Ce bilatère orientable, mais non encore orienté, j’en fais la version topologique de l’objet a : c’est en tant qu’inorienté qu’il pousse à l’orientation, devenant de ce fait cause du désir chez les uns, cause de la destruction et de l’automutilation chez les autres. L’examen des textes freudiens relatifs à la pulsion va rencontrer la théorie de l’acoupure, comme la non-fermeture du graphe de la pulsion, à son retour dans le trou d’où il est sorti, sans pourtant l’emprunter. Là aussi la topologie permet de s’orienter dans les textes, en donnant une expression graphique condensée du vaste mouvement de la pensée de Freud : à y regarder de près, son dualisme ne va pas sans un monisme, ce dernier venant faire le troisième rond qui maintient ensemble les deux autres. Le nœud borroméen, on peut le lire dans Freud, grâce à l’après-coup de Lacan. Pulsion d’auto-conservation et pulsion sexuelle, pulsion de vie et pulsion de mort, dans chaque cas il y en deux, mais c’est la même. |
Dessin et écriture : le temps troue la surfaceC’est ce qu’écrit la bande de Mœbius, autre présentation du nœud borroméen. On peut d’ailleurs la lire comme trèfle, Whitehead, double enlacement ou nœud borroméen : cela dépend du point de vue à condition d’en considérer le voisinage, c'est à dire son épaisseur. Ces ronds de ficelles diversement agencées décrivent des parcours, que j’ai imaginarisés comme cheminement d’une image du corps à sa surface. L’image du corps suppose la troisième dimension, celle qui n’est pas dans la surface, et, partant, celle qui la troue, au même titre que le temps, nécessaire à ces parcours. Troisième dimension de l’espace et quatrième dimension temporelle, toutes deux sont absentes de la mise à plat sur le papier, telles le sujet qui, dans sa dimension subjective propre, disparaît dès qu’il apparaît. Où nous retrouvons une conception de la topologie de la subjectivité, au contraire d’une topologie se contentant de la description des objets topologiques. Ici, les objets topologiques sont lus aussi comme fonction. « Le temps troue la surface » dit Lacan dans « les Non-dupes errent ». Et il en appelle à trouver comment. C’est ce que je propose, en fin de compte, dans ce travail, qui ne répondra vraiment à cet appel de Lacan que dans le troisième tome, par un essai d’écriture topologique du temps logique. Mais cette troisième dimension, qu’on pourra appeler phallique si l’on veut, en tant qu’elle dépasse, en pointe ou en creux, métaphore de la dimension temporelle, elle s’avère fondamentale à discriminer ce qu’il en est du dessin et de l’écriture. Il n’est pas innocent de dessiner la bande de Mœbius dite « à une seule torsion », ou de l’écrire par une mise à plat qui fait apparaître deux autres torsions invisibles dans le dessin. Ce qui, écrit, se présente comme deux torsions, restait oublié comme courbure derrière ce qui se dessinait. Et ces deux torsions, loin de s’annuler l’une l’autre, comme il est indiqué ailleurs, ont leur fonction, sans laquelle la bande de Mœbius ne serait pas ce qu’elle devient, (Wo Es war, soll Ich werden) pour une subjectivité se construisant de son rapport à l’Autre. Entre torsion et courbure, on retrouve la dialectique freudienne des retournements (Wendung gegen die eigene Person) et des renversements (Verwandlung des Inhalts) sur base des différentes combinatoires des inversions (Verkehrung ins Gegenteil). Du point de vue grammatical, une double négation vaut une affirmation. Mais du point de vue analytique, cette modalité particulière, comme toute modalité, mérite d’être prise en compte. (cf. "les trois torsions de la bande de Moebius" )
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Contrairement à ce qu’avance Terrasson dans un tableau produit au séminaire de Lacan, (« Le moment de conclure», 18/4/79 ), il n’y a pas d’objets à une ou deux torsions. La torsion, dès qu’on l’écrit, est triple. Ainsi en est-il de la coupure : c’est une fonction triple (fonction de trois fonctions). L’acoupure s’en définit rétroactivement, comme une. Un mouvement quatrième accomplit la coupure en trouure, ce qui produit, de plus (de jouir) un objet bilatère inorienté. L’écriture comme mouvement cinquième achève l’orientation en consacrant ce bilatère comme tel. A ces cinq fonctions peuvent peut-être correspondre les
cinq négations repérées dans l’œuvre de Freud par René Lew : Verwerfung, Verneinung, Versagung, Verleugnung,
Verzicht. Encore L’écriture
de la bande de Mœbius en rend compte, selon que ses torsions sont homogènes –
toutes de même sens - ou hétérogènes -
le sens de l’une vient nier le sens
des deux autres. Cela, le dessin ne peut le montrer. La première, homogène,
représente l’acoupure et la trou qui
lui correspond la seconde, hétérogène, représente les quatre autres modes de la
négation, soit, la coupure et la trouure qui y correspond. Les partisans du
« diagnostic structural » à base de moebien/non-moebien avaient
oublié de considérer qu’il y a deux types de bande de Mœbius, et que
l’homogène, celle dont la coupure produit un trèfle, s’avère identique à
l’acoupure, c'est à dire au non-moebien par excellence.
Tous ces concepts peuvent sembler bien obscurs au premier abord :
pourquoi la trou ? quid de
l’acoupure ? quid du trèfle, structure de la psychose, qu’on ne saurait
appeler « nœud » au sens strict du terme, proposé par
Vappereau : le noeud est l’accomplissement de la coupure. L’ouvrage est là
pour en cerner les linéaments. Ces trois derniers paragraphes sont, en fait,
programmatiques du tome 3, en préparation. Mais l’ensemble des deux tomes
précédent est là pour y conduire pas à pas.
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Les miroirsIls occupent une grande place dans ce travail, à partir de ce constat : ceux qui ne parlent pas ne se voient pas non plus dans le miroir. Y a-t-il une secrète affinité de la parole et du miroir ? Pour le savoir, j’ai interrogé le fonctionnement de cet objet si commun qu’on en oublie sa fonction. Elle s’avère triple, elle aussi, en métaphore RSI des trois dimensions de l’espace. Cette fonction, nous la saisissons là aussi dans le cadre subjectif. Peu nous importe ce que produit le miroir, de l’objet placé devant lui. Par contre je me demande comment le miroir produit cette image en laquelle je me reconnais : pour introduire le narcissisme, puisque dans le miroir, c’est le sujet qui se prend en objet. Et, par rapport à un objet autre que le sujet voit se refléter dans le miroir, la place du sujet change pas mal de choses. Si je me place derrière l’objet par rapport au miroir, ou entre le miroir et l’objet, les conclusions que je vais tirer pour la comparaison entre le sujet, l’image et l’objet que je suis, en même temps, ne seront pas les mêmes. Et ce genre d’interrogation est particulièrement fructueux si l’objet que j’observe est un nœud borroméen, auquel je peux finir par m’identifier. Ainsi, il s’avère que la fonction du miroir se base sur le trou de la dimension symbolique, venant trouer la surface de l’image qu’elle inaugure comme bord, laissant pour compte la trou de la dimension réelle. On excusera le caractère abscons de cette phrase, qui ne prendra sens qu’après la lecture de ces livres. Mais cette différence du trou comme trouure en acte et de la trou comme fonction figée en objet, s’explicite particulièrement de l’exploration d’un abord subjectif du miroir sphérique concave. Lacan avait introduit cet objet dans le schéma optique des Ecrits. Pierre Roth, à Strasbourg, a eu l’idée de réaliser réellement l’expérience de poser un nœud borroméen devant un tel miroir. Par un mouvement d’avance vers la surface réfléchissante, deux images apparaissent qui, en se rejoignant, ont pour effet de dénouer le nœud. Intrigué par cette expérience, je n’ai eu de cesse que d’en trouver l’explication théorique. C’est chose faite, et il s’avère que pour un sujet qui s’avance vers le miroir sphérique, celui-ci présente la structure d’un trèfle, qui, passé le foyer optique, se dédouble en nœud borroméen. J’y lis le passage de la psychose à la névrose, ce qui n’est pas rien quant à nos préoccupations. C’est une autre façon d’écrire le temps logique. |
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Clinique et transfertJ’ai pris soin, au moins pour les deux premiers tomes, de séparer les chapitres « cliniques » des chapitres théoriques. Bien entendu, c’est une distinction artificielle, tout récit clinique reflétant, qu’on le veuille ou non, une théorie implicite. J’ai voulu expliciter ma théorie, et on en trouvera dans les chapitres « cliniques ». Cependant, par cette coupure, j’ai voulu proposer des chapitres plus abordables pour le lecteur non-initié, qui peut, s’il le souhaite, se passer des chapitres topologiques (mais c’est dommage !). J’ai insisté, dans la présentation de cette production théorique, sur l’aspect subjectif. La même démarche est au rendez-vous clinique. Je ne parle pas de cas. Celui dont je parle n’est pas un objet. Je parle de la façon dont j’y suis convoqué, dans cette rencontre, en tant que sujet. D’accord avec la maxime de Lacan « l’analyste, je le dé-suis », je la pousse jusqu’au bout de sa logique. Je ne suis que l’analysant, dans cet ouvrage, du rapport singulier qui s’est instauré avec ces gens qui ne parlent pas… ou peu. L’analysant du rapport à ces analysants. Un rapport qu’il n’y a pas, bien sûr, comme le rapport sexuel, puisque, si « le transfert, c’est l’amour », ici, le transfert c’est ce rapport sexuel qu’il n’y a pas. Analysant au carré voilà comment peut se présenter, au mieux, l’analyste. Ce qui ferait de l’analysant la racine carrée de l’analyste. Ce dernier n’étant évidemment pas un carré, et plutôt un nombre un-père, il y a là un incommensurable, un nombre irrationnel, qui nous renvoie à l’interrogation de Socrate sur la diagonale du carré : si on ne peut la dire, on peut la montrer. D’où le recours à la topologie, qui écrit ce qui ne peut se dire. Hypothèse : comme le rêve et les autres formations de l’inconscient, qui écrivent ce que le sujet ne peut dire. L’écriture, trouure de la surface, doit cependant se donner encore à lire, comme lettre, à haute voix. Enonçable, trouure de l’orientable, sensée, elle n’en est pas moins hors signification. Hors rationnel. Or-ientable, et toujours pas orientée. Celui qui ne parle est ainsi voué à l’écriture, que ce soit celle du corps, qui trace dans l’espace ses lignes d’erres, ou celle de l’ordinateur de Birger Sellin. Malgré ce retour à ceux qu’on dit autistes, j’espère avoir convaincu que la portée de l’ouvrage est autrement plus large. Richard Abibon
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De l'autisme, tome 1Christophe , p. 58
Un jour où, la tête sous son bras, j'avais eu particulièrement mal, je m'extrais de l'inconfortable position, et, en colère, je lui explique ma douleur : joignant le geste à la parole, je lui tire un peu les cheveux, juste pour lui faire entendre ce que j'ai pu éprouver. « Tu vois, ça fait mal ! » J'arrête la séance là-dessus, suffisamment excédé pour ne pas céder à la tentation d'une suite dans laquelle je n'aurais pu proposer qu'une sourde oreille. A la séance suivante, alors qu'il commence à me faire descendre les escaliers avec ma tête sous son bras, je sens qu'il passe rapidement le plat de sa main dans mes cheveux, comme pour me les ébouriffer. Je lui dis : « Tiens ! tu as enfin compris que ça me faisait mal, de m'arracher les cheveux. Alors, maintenant, tu fais semblant ». Il arrête, et son geste, et sa descente d'escalier. Il dégage ma tête de sous son bras, et semble évaluer une autre distance, en me tenant par les épaules : ni collé à son corps, ni jeté au loin. Il me regarde, me sourit, et me dit : « D'accord ! » Très distinctement. Sans le moindre défaut de prononciation. Chez Christophe, la fonction n'est pas fonctionnelle. Jusqu'au jour où, lui tirant un peu les cheveux, je recoupe la coupure qu'il essayait de faire sur mon corps.
Un morceau s'en détache: une représentation, un « semblant ». Nous sommes « d'accord », c'est ce qu'il me dit : nos « opinions » se recoupent. Ce semblant est plutôt à considérer du côté du trou. Le morceau arraché n'est autre qu'un bout de corps (cheveux, lunettes, moustache, etc...) qui n'a plus d'importance. Il n'y a plus besoin de l'arracher réellement. On peut le laisser tomber. Ce qui compte, c'est l'accord qui produit du corps comme bord de ce trou enfin assumé comme tel. Il y a donc mouvement quatrième, M(K) :
Il y a inauguration d’un trou, passage dans la troisième dimension : M(K) = F (K) = f 3 (x) |
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